Années de guerre - 1914


Le front d'Europe de l'Ouest

La crise de l'été 1914 atteint son apogée avec l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier de la couronne d'Autriche, lors d'un voyage officiel à Sarajevo, capitale de la Bosnie. Cet assassinat fut perpétré par un serbe, Gavrilo Princip, le 28 juin 1914.

L'occasion parait trop belle aux dirigeants autrichiens d'enfin mater la Serbie indépendante. L'allié allemand donne carte blanche aux austro-hongrois estimant que la guerre serait courte et localisée. Mais le jeu des alliances enflamme rapidement l'Europe et les différentes armées se mobilisent.

L’Empire allemand déclare ainsi la guerre à la France le 3 août 1914. L’Empire britannique déclare la guerre à l'Empire allemand le 4 août 1914.

Depuis plusieurs années, les Allemands avaient établi un plan d'invasion de la France. C'est le plan Schlieffen qui impose aux Allemands le passage par le Royaume de Belgique afin de contourner les armées françaises qui sont concentrées sur l'Alsace et la Lorraine selon le plan XVII.

Selon le plan Schlieffen, l'aile droite allemande doit balayer l'armée belge puis marcher rapidement sur Paris. Elle doit ensuite se rabattre vers l'est pour prendre les armées françaises en tenaille. Cette opération doit être terminée rapidement avant que l'armée russe ne soit opérationnelle sur le front Est. Ainsi une fois vainqueur des Français, l'armée allemande pourrait se concentrer sur l'armée russe afin de l'anéantir.

L'armée belge, résistant et retardant ainsi au maximum l'invasion allemande de son royaume, permet à l'armée française d'avoir le temps nécessaire pour se réorganiser et ainsi pouvoir encaisser le choc de l'offensive allemande sur la Marne.

Le miracle de la Marne a reposé sur 3 éléments : l'affaiblissement progressif de l'aile droite allemande, la déviation par rapport au plan Schlieffen, la trop grande autonomie prise par les commandants d'armées par rapport à l'état-major général allemand.

Suite aux contre-offensives françaises et britanniques, les Allemands doivent se replier de 40 km vers le nord et s'établirent sur l'Aisne où ils installent de solides positions défensives. C'est la fin de la guerre de mouvement. La guerre de positions peut débuter.

Les tranchées allemandes sont rapidement infranchissables pour les armées françaises. L'artillerie lourde allemande décime les troupes alliés en route pour le front à plus de 10 km de celui-ci ! Renseignés par des ballons captifs et par les premiers aéroplanes, les artilleurs allemands visent juste. C'est un véritable massacre du côté des Français qui perdent plus de 300 000 soldats rien que pour l'année 1914.

Pour éviter l'obstacle des tranchées, les armées belligérantes tentent de se déborder là où le front n'existe pas encore, c'est-à-dire vers le nord. Ainsi débute la course à la mer. Le  front s'étire, les effectifs sont rapidement insuffisants pour faire la différence et l'on s'enterre un peu plus à chaque échec. Le 17 novembre, les Allemands stoppent leur offensive, arrivés à la mer du Nord.

Dorénavant le front Ouest est figé. Le général hiver oblige les belligérants à une pause bien nécessaire pour reconstituer leurs troupes, leurs armements et leurs munitions. Les industries de guerre fabriquent des canons d'artillerie de plus en plus gros et puissants.

C'est le moment choisi par le général Joffre pour limoger un grand nombre de généraux jugés incompétents. Joffre prépare la revanche et pour cela il a besoin d'officiers capables. C'est ainsi que le colonel Pétain devient général de brigade et puis de division.

Le front d'Europe de l'Est

Devant l'avance allemande sur le front Ouest, les Français, qui ont consenti un prêt de plusieurs milliards de francs français à la Russie, pressent les Russes d'intervenir afin de soulager le front Ouest. Du coup, la mobilisation russe s'effectue plus rapidement que prévu par les stratèges allemands. Les armées russes passent à l'offensive avant même d'être complètement prêtes. Deux armées débouchent ainsi en Prusse orientale.

Les 400 000 Russes sont deux fois plus nombreux que les Allemands qui leur font face. Une première bataille a lieu le 20 août 1914 à Gumbinnen. Les Allemands sont obligés de reculer. Du coup, le chef d'état-major allemand, le général von Moltke, nomme deux nouveaux commandants pour résister à l'invasion russe : le général Hindenburg et son chef d'état-major Ludendorff.

Rapidement, les deux généraux établissent un plan basé sur la lenteur de l'avance des deux armées russes. La bataille de Tannenberg a lieu du 26 au 30 août 1914. Elle se solde par une victoire allemande éclatante.

Les armées allemandes repoussent les armées russes jusqu'aux portes de la Russie. En revanche, les armées austro-hongroises doivent céder du terrain devant les armées russes qui bénéficient d'une nette supériorité numérique.

Le front du Moyen-Orient

Dès 1914, les Britanniques proclament leur protectorat sur l'Égypte ce qui leur garantisse le contrôle du canal de Suez, point de passage essentiel des renforts des troupes coloniales britanniques vers la métropole londonienne. Des troupes indiennes débarquent à Bassora, au sud de la Mésopotamie turque en novembre 1914. Le contrôle du pétrole d'Abadan est un objectif majeur britannique.

Le front d'Extrême-Orient

Dans le Pacifique, le Japon déclare la guerre à l'Empire allemand dès le 23 août 1914. Les troupes japonaises s'empressent d'attaquer les colonies allemandes au grand dam des Britanniques. Ainsi, les archipels des Marshall, des Carolines et des Mariannes tombent entre les mains des troupes japonaises dès le mois de novembre 1914.

Il parait évident pour les Européens que le Japon mène ses propres projets impérialistes. C'est pour cette raison que les troupes japonaises investissent fin 1914 le port allemand de Tsingtao. Tsingtao tombe le 7 novembre 1914 après d'âpres combats menés par les troupes allemandes. L’Empire allemand d'Extrême-Orient n'existe plus.

Le front d'Afrique

La campagne menée contre les troupes allemandes d'Afrique-Orientale débute le 8 août 1914. Le commandant allemand, le général Lettow-Vorbeck, est un tacticien hors pair, qui inflige défaite sur défaite  aux troupes britanniques et sud-africaines. Il utilise les techniques de guérilla à merveille avec des troupes africaines bien acclimatées, les askaris.

 

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