Années de guerre - 1915


Le front d'Europe de l'Ouest

Depuis l'installation des armées françaises, britanniques et allemandes dans les tranchées, sur plus de 750 km allant de la mer du Nord à la Suisse, les batailles de mouvements étaient devenues impossibles.

Une partie des armées allemandes avaient été déplacées sur le front Est.  Celles restées sur le front Ouest se contentaient dès lors de défendre leurs positions. Pour les alliés, les Français et les Belges en particulier, l'occupation du territoire national était insupportable. Il fallait donc agir et passer à l'offensive. Le général Joffre lança donc des offensives en Artois et en Champagne durant l'année 1915. Une première offensive fut lancée en Champagne en janvier. Une seconde en février. Une troisième fut lancée en Artois dès le 9 mai.

Une quatrième offensive fut lancée en Champagne en septembre.

Ces 4 principales offensives se déroulèrent de la même façon :

  • Préparation d'artillerie massive sur les défenses adverses ;

  • Attaque de l'infanterie qui prenait souvent la première tranchée ennemie au prix de lourdes pertes, mais qui se brisait contre la deuxième tranchée intacte et renforcée par les réserves allemandes.

Les pertes alliées furent à chaque fois largement supérieures aux pertes allemandes. La stratégie du grignotage vantée par le général Joffre fut un échec total.

Le front d'Europe de l'Est

La différence principale avec le front de l'Ouest tenait dans la quantité des effectifs disponibles. Quelque 100 divisions allemandes étaient sur le front de l'Ouest alors qu'il n'y avait que 80 divisions allemandes et austro-hongroises sur l'énorme front de l'Est.

Il n'y avait donc pas assez d'infanterie ni d'artillerie au kilomètre de front pour tenir un système basé sur les tranchées. La guerre de mouvement se poursuivait donc sur le front de l'Est. Vu l'étendue de la Russie, l'acheminement des réserves et des matériels posa rapidement des problèmes.

Malgré cela, les Allemands repoussèrent les Russes hors de Pologne et de Lituanie. Les lignes de ravitaillement étaient au maximum de leur possibilité, ce qui stabilisa le front de l'Est avant l'arrivée de l'hiver.

Le front d'Europe du Sud

Le Royaume d'Italie entra à son tour en guerre aux côtés des Alliés suite aux promesses territoriales accordées par les alliés. L’Italie déclara la guerre à l'Empire austro-hongrois le 23 mai 1915. Ce nouveau front allait entraîner d’innombrables combats dans les montagnes. Les Alpes constituaient 90% des 650 km de frontières communes avec l'Empire austro-hongrois.

Quatre offensives italiennes eurent lieu sur l'Isonzo durant l'année 1915. Toutes ces offensives furent des échecs pour l'armée italienne. Du côté des Balkans, la Bulgarie se décida à entrer en guerre aux côtés des empires centraux. Le 5 octobre, la Bulgarie déclara la guerre à la Serbie. Une triple offensive, allemande, austro-hongroise, bulgare, prit les armées serbes en tenaille. Malgré une belle résistance, les armées serbes durent battre en retraite.

Le débarquement des troupes françaises et britanniques à Salonique, le 5 octobre, qui força la Grèce à entrer en guerre, arrivèrent trop tard pour épauler les armées serbes. Ces armées serbes rejoignirent les troupes françaises pour constituer l'armée d'Orient. Celle armée fut bloquée à Salonique par les Bulgares jusqu'en 1918.

Le front du Moyen-Orient

Les troupes turques appuyées par les Allemands repoussèrent les troupes indiennes vers Kut.

En février 1915, les armées turques lancèrent une attaque à travers le désert du Sinaï vers le canal de Suez. Repoussées par les Britanniques, les armées turques s’enterrèrent sur place durant presque une année.

Le front sur les mers et les océans

L’Empire ottoman rejoignit les empires centraux dès novembre 1914. Aussi, dans le but d'éliminer les ottomans du conflit et de rétablir des communications maritimes faciles avec la Russie, les Britanniques décidèrent de s'emparer des détroits des Dardanelles.

Lancée le 18 mars 1915, l'opération navale échoua rapidement devant les détroits minés, protégés par des forts et équipés de canons lourds sur les deux rives. 3 cuirassés alliés furent coulés et 3 autres mis hors de combat. Le 25 avril, l'opération terrestre débuta par le débarquement de troupes françaises, britanniques, australiennes et néo-zélandaises sur la péninsule de Gallipoli.

Les Turcs tenaient les alliés sur les plages depuis les falaises. La campagne des Dardanelles devint rapidement un enfer pour les troupes, décimées par la dysenterie, la malaria, la vermine, la chaleur, le manque d'eau et la violence des combats. Les troupes alliées commencèrent l'évacuation dès le 9 janvier 1916.

Le front d'Afrique

Le commandant allemand, le général Lettow-Vorbeck, continuait ses actions de guérilla contre les troupes britanniques et sud-africaines.

 

>> 1916



Haut de page