Années de guerre - 1917


Le front d'Europe de l'Ouest

Le nouveau commandant en chef des armées françaises du nord-est, le général Nivelle, voulait rapidement rompre le front allemand en ce début d'année 1917. Le plan du général Nivelle prévoyait une attaque principale sur le Chemin des Dames, entre Soissons et Craonne. Une attaque secondaire franco-britannique devait avoir lieu à Arras contre la crête de Vimy. L'offensive secondaire sur Arras débuta le 9 avril 1917. Les troupes canadiennes s'emparent de la crête de Vimy en quelques heures.

L'offensive principale sur le Chemin des Dames fut lancée le 16 avril 1917. Dès le début, la percée s'avéra compliquée. Le premier jour, les troupes françaises n'avaient progressé que de 500 m au lieu des 10 km prévus. Le général Nivelle s'entêta durant 5 jours. 147 000 soldats français furent mis hors de combat. Le général Nivelle fut relevé de son commandement le 29 avril et remplacé par le général Pétain. Les armées françaises furent moralement mises hors de combat pour le reste de l'année 1917.

Les armées britanniques prirent le relai en attaquant au sud d'Ypres dès le 7 juin 1917, puis dans les Flandres de juillet à novembre. La 3e bataille d'Ypres appelée la bataille de Passchendaele tourna rapidement en bataille d'usure de par le terrain détrempé. Les Britanniques y laissèrent 70 000 tués et 170 000 blessés. Le problème est que les Britanniques comme les Français ne pouvaient remplacer ces pertes à court terme, tandis que les Allemands transféraient des troupes de l'ancien front de l'est à l'ouest.

Le front d'Europe de l'Est

Après deux ans et demi de guerre meurtrière, la Russie était exsangue. La guerre  désorganisa les circuits de production et notamment de produits alimentaires. Des émeutes de la faim furent déjà réprimées en décembre 1916. Entre le 23 et le 26 février 1917, une première révolution se produisit. Manifestations et grèves firent des centaines de morts et de blessés. Mais les troupes russes présentes finirent par passé du côté du peuple. Ils refusèrent de continuer à tirer sur les civils. Le pouvoir de l'État fut dissous.

Cette révolution déboucha sur la mise en place d'un nouveau gouvernement dirigé par le prince Lvov puis par Kerenski. Le 2 mars 1917, le tsar Nicolas II abdiqua. Le pouvoir tsariste n'existait plus.

Les Alliés étaient, dans un premier temps, satisfaits de ce qu'ils pensaient être une transformation du régime russe démocratique, qui annonçait vouloir continuer la guerre. Une tournée de persuasion de Kerenski permit de lancer, en juillet 1917, une ultime offensive russe. Les 180 divisions russes étant désunies, les Allemands repoussèrent sans mal les Russes qui reculèrent de 240 km. Durant cette déroute, 2 millions de soldats désertèrent pour rentrer dans leurs foyers.

Pour sauver la révolution et conserver le pouvoir, Lénine devait faire la paix avec les empires centraux. Le 15 décembre 1917, un armistice de 4 semaines reconductible fut signé. Les négociations de paix traînèrent en longueur. Lénine s'imaginait que la révolution socialiste allait gagner l'Empire allemand et le dispenserait d'une paix trop dure.

L'entrée en guerre des États-Unis

La guerre sous-marine à outrance pratiquée par les Allemands, qui provoqua les pertes de plusieurs milliers de civils américains, et l'interception d'un télégramme allemand proposant au Mexique une alliance antiaméricaine, obligea l'entrée en guerre des États-Unis. Le 6 avril 1917, les États-Unis déclarèrent la guerre à l'Empire allemand.

En 1917, l'armée américaine ne comptait que 108 000 soldats professionnels. Parmi eux, seuls 15 000 marines étaient à entrer en campagne. La conscription fut votée le 18 mai 1917. Le président américain Wilson promit 3 millions de soldats sur le sol européen pour 1918.

Toute une logistique se mit en place durant 1917. Toutefois, armés par l'industrie française, les premiers soldats américains ne furent déployés qu'en avril 1918.

Le front d'Europe du Sud

Au milieu de 1917, les armées austro-hongroises et italiennes étaient à bout. Les inutiles batailles de l'Isonzo n'avaient conduit à aucun gain territorial significatif. Des troupes allemandes furent dépêchées sur l'Isonzo pour appuyer les armées austro-hongroises et écraser les armées italiennes. Le 24 octobre 1917, la bataille de Caporetto commença. Le front italien s'effondra. Les armées italiennes durent se replier précipitamment pour éviter l'encerclement. Malgré tout, 300 000 soldats italiens sont faits prisonniers et 3 000 canons furent perdus.

Les troupes italiennes se dissolvaient. Le général Cardona ne put arrêter l'avance des Allemands que sur le fleuve Piave, aidé par 130 000 soldats français et britanniques. Les armées italiennes furent incapables de nouvelles opérations avant le printemps 1918.

Le front du Moyen-Orient

Après la perte des troupes indiennes à Kut en 1916, les Britanniques envoyèrent des renforts pour reprendre la ville de Kut et l'initiative au Moyen-Orient. Dès le 24 février 1917, Kut était à nouveau britannique. La ville de Bagdad fut prise à son tour le 7 mars 1917. La progression des troupes britanniques au Moyen-Orient ne s'arrêta plus jusqu'à l'armistice d'octobre 1918.

Après l'arrivée de renforts britanniques, le général Allenby déclencha une attaque-surprise le 31 octobre 1917 sur Gaza. Après sa victoire sur Gaza, le général Allenby continua et prit la ville de Jérusalem le 9 décembre 1917. Les troupes turques reculèrent, harcelées par les cavaliers arabes de l'émir Fayçal sous le commandement du colonel Lawrence, dit Lawrence d'Arabie.

Le front d'Afrique

Fin 1917, le général Lettow-Vorbeck, fut obligé de se réfugier au Mozambique sous la pression des troupes britanniques. Il revient ensuite en Afrique-Orientale et envahit la Rhodésie du Nord.

 

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