Années de guerre - 1918


Le front d'Europe de l'Ouest

La défaite de la Russie offre à l'Empire allemand de grandes opportunités. En transférant plusieurs dizaines de divisions du front Est, les Allemands peuvent opposer 192 divisions face aux 172 divisions alliées. De plus, les Allemands doivent faire la différence avant l'arrivée massive des soldats américains en Europe. Le général allemand Ludendorff veut détruire en premier l'armée britannique qu'il juge plus affaiblie que l'armée française.

Le 21 mars 1918 commence l'offensive Michael entre Arras et la Fère. En une semaine, l'avancée allemande atteint 65 km sur un front de 80 km. Le front menace de rompre. Le général français Pétain envoie des divisions françaises soutenir les Britanniques.  Heureusement pour les Alliés, l'avance allemande ralentit et s’arrête le 5 avril 1918 par manque de ravitaillement et par manque de suivi de l'artillerie qui peine à se déplacer rapidement.

Le 9 avril 1918, les Allemands attaquent en Flandre. Leur avance est à nouveau stoppée par des divisions françaises envoyées en renfort. Le 27 mai 1918, les Allemands lancent une troisième attaque en Champagne. Les Français sont surpris et l'avance allemande progresse de 60 km.

L’inquiétude est à son comble chez les Alliés. Paris est à porter de gros canons allemands. Ce que les Alliés ignorent, c'est que les troupes allemandes ont épuisé leurs réserves et perdu leurs troupes d'élite.

Depuis la 1re offensive de mars, les Allemands ont perdu 1 million de soldats. De plus, la grippe espagnole fait son apparition et commence à faire des ravages parmi les troupes. Cela explique le long délai écoulé entre la 2e et la 3e offensive allemande. Ce délai de 1 mois permet l'arrivée des soldats américains au front pour combler les pertes subies par les Français. La dernière chance de victoire allemande est passée.

Malgré tout, le 15 juillet 1918, les Allemands attaquent à nouveau en Champagne. Cette fois, il n'y a aucun effet de surprise car l'attaque est connue des Alliés qui attendent les Allemands. Le 18 juillet 1918, les Alliés passent à la contre-attaque sur la Marne appuyée par un millier de chars et des centaines d'avions. Le 8 août 1918, les Alliés lancent une offensive à l'est d'Amiens.

Pour la première fois, les Allemands montrent des signes de défaillance. Des unités entières se rendent, le moral est bas. Fin août, l'armée allemande est de retour sur la ligne Hindenburg. Les Alliés disposent à présent de réserves et de nouveaux matériels avec les chars et les avions en nombre. Le général en chef français Foch lance 4 offensives les 26, 27, 28 et 29 septembre 1918. Le front allemand menace rapidement de s'effondrer. Pour la première fois, le haut commandement allemand envisage l'armistice.

Le 5 octobre 1918, les Alliés ont dépassé la ligne Hindenburg et avancent vers la frontière allemande. À cette date, les négociations d'armistice sont déjà en cours et les alliés de l'Empire allemand capitulent les uns après les autres. Les Allemands finissent par signer l'armistice le 11 novembre 1918.

Le front d'Europe de l'Est

En février 1918, les Allemands lancent une triple offensive contre la Russie qui traîne toujours pour signer l'acte de paix. Aucune armée russe n'est capable de pouvoir stopper l'avancée allemande. Aussi, Lénine se résigne à signer le traité de paix de Brest-Litovsk. La Russie est démantelée : l'Ukraine devient allemande, la Finlande devient indépendante et quelques territoires caucasiens sont cédés à l'Empire ottoman.

La Russie bolchévique, démembrée, sombre dans une guerre civile impitoyable qui oppose les rouges et les blancs (partisans du tsar et appuyés par les Occidentaux jusqu'en 1921). Pour les empires centraux, la guerre sur deux fronts est terminée. Néanmoins, les Allemands doivent occuper et exploiter les immenses territoires qu'ils viennent d’acquérir à l'Est. Un million de soldats allemands restent mobilisés dans ces nouveaux territoires.  Les autres soldats allemands sont transférés sur le front Ouest.

Le front du Moyen-Orient

La progression britannique à partir de Bagdad se poursuit vers le nord en direction de Massout et de Bakou.

Les Britanniques reprennent l'offensive qu'en septembre 1918. La bataille de Megiddo met en déroute les armées turques qui reculent vers Damas, harcelées par les cavaliers arabes de l'émir Fayçal sous le commandement du colonel Lawrence, dit Lawrence d'Arabie. Damas tombe le 1er octobre 1918. L'Empire ottoman demande l'armistice le 30 octobre 1918.

Le front d'Afrique

Menant toujours sa guérilla en Rhodésie du Nord, le général Lettow-Vorbeck ne se rend qu'à la fin de la guerre sans avoir connu la défaite. Il dépose les armes le 23 novembre 1918. La poursuite de ses 250 officiers allemands et de ses 5 000 askaris mobilisa pas moins de 120 000 soldats britanniques, sud-africains, belges et portugais.



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