Belgique > La neutralité obligée


Lorsque la Révolution belge éclata durant l'été de 1830, l’armée néerlandaise, chassée de Bruxelles dès le 27 septembre 1830, dut faire face à une désertion massive des troupes des Pays-Bas du Sud. Ces soldats étaient réticents à l’idée de se battre contre le peuple dont ils étaient originaires ou parmi lequels ils étaient stationnés depuis longtemps. Au total, deux tiers des troupes placées dans les provinces belges ne répondirent plus présents. Le moral des troupes restées fidèles à Guillaume Ier des Pays-Bas fut gravement entamé, alors que la révolte s'étendait à d'autres villes du pays.

Royaume des Pays-Bas

L'élite des troupes néerlandaise était stationnée en Indonésie, colonie des Pays-Bas et, jusque dans ce pays lointain, des militaires d'origine belge allaient se rebeller dans les mois qui allaient suivre, lorsqu'ils apprendraient les événements de Belgique avec le retard entraîné par la lenteur des communications maritimes de l'époque.

Le défaitisme néerlandais permit aux révolutionnaires belges de prendre rapidement le contrôle de la Belgique, dont l'indépendance fut proclamée sous l'autorité d'un gouvernement provisoire.

Belgique 1830

Les chefs de la révolution belge, manquant de temps pour organiser une force armée professionnelle du fait du départ des officiers supérieurs qui étaient majoritairement néerlandais, pensaient qu'une guerre populaire improvisée pourrait suffire à défendre le pays.

Le traité des XVIII articles est un traité publié le 26 juin 1831 par la Conférence de Londres. Il s'agit d'une reconnaissance par les Puissances de la séparation de la Belgique et des Pays-Bas et par conséquent de l'indépendance de la Belgique. Il fait suite aux Protocoles de Londres du 20 janvier 1831 et est plus avantageux pour la Belgique. En effet, les Protocoles privaient la jeune nation d'une partie de la province de Limbourg et de l'ensemble du Grand-duché de Luxembourg dont le territoire se composait de l'actuelle province de Luxembourg et de l'actuel grand-duché. Par ailleurs, comme les protocoles de Londres, le traité faisait de la Belgique un État perpétuellement neutre.

Le roi Guillaume Ier des Pays-Bas vivait la sécession belge comme un échec personnel et lorsque il apprit l'élection de Léopold de Saxe-Cobourg comme roi des Belges dès le 4 juin 1831, il prit la décision d'envahir la Belgique.

 

La Belgique, incapable de résister aux assauts néerlandais, dut alors faire appel aux Puissances pour préserver son indépendance. Un cessez-le-feu fut signé le 12 août. Guillaume Ier n'avait pas réussi à reconquérir la Belgique. Mais cet échec fut tempéré, plus tard, par le fait que la Belgique allait se voir imposer, en 1839, le traité des XXIV articles par la conférence de Londres qui lui était nettement moins favorable que le traité des XVIII articles de 1830, car la Belgique perdait la moitié du Limbourg et la partie germanophone du Luxembourg.

Belgique de 1839

Les signataires du traité, le Royaume-Uni, l'Empire autrichien, la France, la Prusse, l'Empire russe, et le Royaume des Pays-Bas reconnaissaient désormais l'indépendance de la Belgique, et sa neutralité sur insistance du Royaume-Uni.

 

 

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