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Le corps des volontaires congolais

Lorsque la guerre éclate en 1914, la France fait appel à plus de 135.000 tirailleurs sénégalais pour défendre la patrie en danger. De son côté, La Force publique du Congo belge ne s’engage que sur le front africain. La Belgique hésite à faire venir les soldats congolais sur son sol. La raison est bien simple : le "Blanc" perdrait de son estime et de son respect s’il devait ramper dans la boue à côté du Congolais.

Officiellement, il n’y a eu aucun soldat congolais dans l’armée  belge durant la Grande Guerre !

Et pourtant, ils ont été 32 à s'engager dans des unités belges sous l’uniforme belge, à combattre à Namur, Anvers et sur le front de l’Yser. Ce sont des civils  qui se sont engagés volontairement dans l’armée belge grâce à l'arrêté royal du 05 août 1914 qui créa le corps des volontaires congolais (CVC) à Bruxelles.  Dès la mi-octobre 1914, le CVC fut dissous et les volontaires furent éparpillés dans différentes unités.




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Ces Congolais sont arrivés en métropole à fleurs d’âge et sont aussi, pour la plupart, décédés très jeunes. Les uns sont arrivés en Belgique par le port d’Anvers travaillant comme marins dans  la Compagnie Maritime Belge du Congo. Les autres ont été amenés en métropole pour servir de domestiques aux Belges de retour dans leur pays.

Avant la guerre, ces Congolais faisaient de petits boulots : boys, serveurs dans les bars ou même vendeurs de carabouya (ces bonbons à base de sucre et d’anis).  Pour la plupart d'entre eux, s'engager sous l'uniforme signifiait une amélioration de leur situation matérielle. De plus, personne ne pensait que la guerre allait durer 4 ans. L'armée belge défendrait ses frontières, repousserait l'armée allemande, et enfin de compte tout le monde serait rentré chez lui pour Noël. La sécurité de l'emploi, l'argent, la reconnaissance qui en découleraient ne pouvait être que bénéfique pour un avenir moins moribond.

Hélas, la guerre ne fut pas terminée pour Noël. Durant ces 4 longues années de guerre, certains Congolais seront jugés et punis par la cour martiale militaire belge, d'autres seront décorés, d'autres seront blessés ou malades lors des hivers rigoureux auxquels ils n'étaient pas habitués.

Après la guerre, les survivants congolais auront du mal à trouver un emploi à cause des préjugés raciaux des Belges. Déçus par cette attitude, certains reprendront alors le chemin du Congo, tandis que d'autres continueront à faire les petits boulots qui étaient les leurs d'avant-guerre.

Quoi qu'il en soit, il est important de ne pas oublier ces 32 volontaires congolais qui ont versé leur sang pour défendre le sol belge et repousser l'envahisseur allemand.

Les 32 volontaires congolais


Adipanga Joseph, né le 24 janvier 1895 à Boma, arrive à 16 ans en Belgique comme boy. Il devient carabinier et combat dans les tranchées. Il est fait prisonnier et réussit à s’évader du camp de Soltau en Allemagne. Il reçoit plusieurs distinctions dont la Croix de guerre. Il épouse une belge à la fin des hostilités et trouve un travail au ministère de la Défense nationale puis au ministère des Colonies. Son nom est mentionné dans le livre d’or des cartes du feu. Il est mort à Bruxelles le 14 août 1939.


Alomon Pierre, né le 16 mars 1893 à Awaka, travaille en 1914 comme portier à Bruxelles. Il s'engage en janvier 1915 au 2e régiment de ligne. Il y est jugé pour insubordination par la cours martiale. Il est mort au Camp du Ruchard en France le 17 décembre 1916 suite à une bronchite.


Balamba Jean, né le 06 juin 1893 à Kipako Matadi, arrive en Belgique comme marin. Il s'engage et est incorporé au 1er régiment des carabiniers. Il se distingue dans les batailles de l’Escaut et de l’Yser. Après la guerre, il travaille au ministère de la Défense nationale et au musée du Congo Belge.


Bayon Paul Movongo, né le 19 mars 1893 à Matadi, vit depuis 1910 à Bruxelles où il épousa une belge en 1912. Il s'engage comme volontaire à la forteresse de Namur. Il est mort dans un hôpital à  Montpellier le 01er août 1916.


Boïmbo Antoine, né le 02 janvier 1895 à Awaka, travaille à Bruxelles comme vendeur de carabouya avant la guerre. Soldat au 4e corps des volontaires et au 2e régiment d'infanterie, il est jugé pour insubordination par la cours martiale. Il est mort au camp du Ruchard en France le 18 décembre 1915.


Bolia Edouard-Gabriel, né le 01er janvier 1886 à Gombe, arrive à Bruxelles en 1914. Il s'engage et est incorporé au 1er régiment des grenadiers. Il arrive à Calais après le retrait des troupes belges. Il Rentre au Congo en 1915.


Bolofo Camille né en 1886, habite à Bruxelles depuis 1912. Engagé comme soldat au 4e régiment de volontaires, il se blesse lui-même en 1915 et est ensuite envoyé en congé sans solde. Après la guerre, il devient portier puis vendeur de rue à Bruxelles.


Bomjo Antoine, né à Boma en 1895, travaille en 1914 comme portier dans un bar bruxellois. Il s'engage comme volontaire et est incorporé au 1er régiment des grenadiers. Il combat à Anvers où il meurt le 4 février 1915. Il est enterré à Schoonselhof.


Bonkakou Eugène,  né en 1892, s'engage comme soldat au 8e régiment de ligne à Perwez. Il passe une bonne partie de la guerre à l’hôpital. Il s'installe à Liège après la guerre.


Bouclou Pius-Albert, né le 25 mai 1895 à Coquilhatville, s'engage comme soldat au 3e régiment de génie. Il est ensuite transféré à la 2e compagnie des pionniers. Il meurt à Paris à l’hôpital du roi Albert le 09 octobre 1918 des suites de complications pulmonaires. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise. 


De Cassa Léon, né en 1897, s'engage comme volontaire à Namur. Il reste loin du front pendant toute la durée de la guerre au sein du 8e de ligne. Il prétend être résistant durant la 2e Guerre mondiale.


Droeven Joseph, né le 20 novembre 1896 à Ngandu, métis de père belge et de mère congolaise, devient en 1912 le premier soldat noir dans l’armée belge. Promu caporal en 1913, il combat au sein du 2e régiment des grenadiers à Anvers et à l'Yser. Il déserte ensuite pour et reparaître en 1918. Il est arrêté, jugé et dégradé. Il se marie ensuite avec une Suissesse. Après la guerre, il rentre au Congo où il se remarie. Il y décède le 12 décembre 1945.


Farnana Paul Panda, né le 06 juillet 1888 à Zemba, grandit dans une famille belge. Il s'engage et rejoint le Corps des volontaires congolais. Le 23 août 1914, il est fait prisonnier à Namur et emprisonné au camp de Soltau, en Allemagne. Après la guerre, il s’adonne à l’émancipation de ses concitoyens en fondant l’Union Congolaise en 1919. Il rentre au Congo en 1929 et meurt à Zemba le 01er  janvier 1936.


Fataki Honoré, né le 20 janvier 1899 à Kama, arrive en 1913 en Belgique comme boy. Il est âgé de 18 ans lorsqu’’’il s’engage dans l’armée et sert dans le 8e régiment d’artillerie. Ayant survécu aux gaz toxiques, il reste invalide de guerre et meurt en 1918 des suites de complications pulmonaires.


Ilanga Jean-Jacob, né le 01er janvier 1894 Coquilhatville, arrive en Belgique à 18 ans comme boy. Il s'engage et est incorporé dans le 1er régiment des grenadiers. De santé fragile, il meurt de tuberculose  à Gand, le 11 juin1916.


Jessy Jean-Baptiste, né le 18 septembre 1897 à Pala-Bata, arrive comme boy à Anvers où il abandonné sur le quai. Il devient rapidement caporal et sert successivement aux 1er et 5e régiments des chasseurs à pied. Il tombe au champ d'honneur à Nieuport le 17 août 1918. Il est enterré à La Panne.


Kudjabo Albert, né le 15 mars 1896 à Kilo-Moto, arrive comme boy et s'installe à Gand. Il s'engage comme volontaire à Namur et rejoint le Corps des volontaires congolais. Le 23 août 1914, il est fait prisonnier et transféré au camp de Soltau, en Allemagne. Il est à la fin du conflit l'un des fondateurs de l’Union Congolaise. Il épouse une belge avec qui il a quatre enfants. Il meurt à l’hôpital militaire d’Ixelles le 1er novembre 1934.


Kulu Honoré, né le 25 avril 1895 Ukatweaka, arrive comme boy en Belgique en 1912. Il s'engage comme volontaire et rejoint le 1er régiment des grenadiers. Il se distingue lors de l’attaque de Tervate en 1914. Il meurt à l’Hôpital Mixte du Mans le 04 janvier 1917.


Lisasi Simon, né le 15 décembre 1894 à Yabanga, arrive en Belgique en 1910 et se révèle bon vendeur de carabouya.  Il s'engage et sert dans quatre différents régiments. Il passe une bonne partie de la guerre dans les hôpitaux. Après la guerre, il fonde une famille à Bruxelles et devient membre actif de l’Union Congolaise. Il meurt à Schaerbeek le 29 novembre 1929. 


Longo Michel, né le 18 décembre1895 à Seke-Banza, arrive en Belgique  en 1913 comme marin. Il s'engage comme volontaire et est incorporé au 1er régiment des grenadiers, durant l’offensif de la libération. Il s'installe à Marcinelle ou il meurt en 1951. 


Lopiko Joseph, né le 01er janvier 1897 à Coquilhatville, arrive comme boy et travaille ensuite à Bruxelles comme  journalier puis à Liège comme portier. Il s'engage comme volontaire et rejoint le 2e régiment des carabiniers en 1914.   Il meurt le 12 avril 1915 dans la ville de Liège occupée.


Mabila François, né le 20 mai 1898 à Bangala, réside avant la guerre à Laeken. Il s'engage et devient caporal au sein du 9e régiment de ligne. Il se distingue lors du bombardement de Perwez en 1915. Il est tué le 17 avril 1918 dans la bataille de Merkem.


Manglunki Antoine, né le 26 octobre 1896 à Buta, travaille avant la guerre dans un chantier naval. Il s'engage le 05 août 1914 et est incorporé dans la 15e batterie de siège. Ensuite, il devient chauffeur pendant la guerre. Après la guerre, il se marie et à une fille. Il meurt  en 1939 sûrement à Bruxelles où il vit.


Mbimba Pierre, né en 1889, travaille dans les hauts-fourneaux avant la guerre. Il s'engage comme volontaire et rejoint le 5e régiment de ligne. Il combat à Anvers puis dans l’Yser où il y est fait prisonnier. Après la guerre, il crée la section de l’Union Congolaise à Charleroi. Il meurt en 1942.


Mbondo Jacques, né le 01er janvier 1894 à Quaha ou Ouka, épouse à Bruxelles une Polonaise avant la guerre. Il s'engage et devient caporal dans le 5e corps des volontaires. Il combat ensuite au sein du 7e régiment de ligne. Il est blessé à Nieuport et transporté en Grande-Bretagne pour y être soigné. Il travaille ensuite dans une usine britannique de munitions. Il meurt à Birtley-Elisabethville en Grande-Bretagne le 28 janvier 1918. 


Moke Jules, né le 25 juillet 1898 à Yongolo, s'engage dès 16 ans. Il est incorporé dans le 23e régiment de ligne où il est blessé. Il ne participe plus en tant que combattant durant le reste de la guerre. Il est ensuite rappelé dans l’armée en 1939. Il meurt à  Bruxelles le 23 janvier 1943.


Mona Antoine, né en 1896 étudie à l’école des cadets de Nouvelle-Anvers à Makanza. Il s'engage comme volontaire et rejoint le 3e régiment de volontaire. Il est ensuite transféré au 6e régiment de ligne. Il combat à Anvers, dans l’Yser et à Moorslede. Il est plusieurs fois blessés. Après la guerre, il souffre de tuberculose jusqu'à sa mort en 1921.


Sangwali Pierre, né en 1890, habite à Bruxelles avant la guerre. Il s'engage en décembre 1914 et rejoint le 2e régiment de ligne. Il est ensuite déféré devant la cours martiale, chassé de l’armée puis renvoyé au Congo en 1917.


Seres Thomas, né en 1891, s'engage et rejoint le 7e régiment des volontaires. Il est ensuite transféré chez les grenadiers. Ne supportant pas les rigueurs hivernales belges, il demande à être transféré. Il quitte alors le front et travaille dans une fabrique de munitions. Il vit à Charleroi puis à Bruxelles après la guerre. Il meurt en 1925.



Sébastien Simba, né en 1895, travaille comme portier à Bruxelles puis à Namur avant la guerre. Il s'engage comme volontaire et combat à Anvers, Alost et sur l'Yser. Il s’intalle à Bruxelles après la guerre.


Soumbou Pierre, né le 16 juin 1895 à Matumba, travaille comme vendeur de carabouya avant la guerre. Il s'engage comme volontaire et est incorporé dans le 1er régiment des carabiniers puis chez les lanciers et enfin dans l’artillerie. Il épouse une belge après la guerre. Il meurt en 1927.


Yoka Antoine, né le 16 mars 1892 à Equateurville, arrive à Bruxelles en   1913. Il s'engage et combat dans les rangs du 2e régiment des carabiniers. Il participe à la bataille d’Anvers et de l’Yser. Il est actif dans l’armée secrète pendant la 2e Guerre mondiale.


 

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