Témoignages > Carnets de 1914


Carnet de guerre de Jean AUBREE soldat au 264e régiment d’infanterie

03 août 1914, Abbaretz

« Là, le curé, musique en tête, nous conduit, suivi de la foule, à la gare au son de La Marseillaise, et, devant ces deux rubans d’acier qui nous emmèneront tout à l’heure vers l’inconnu. Tous les hommes se découvrent, les femmes pleurent, les enfants, de leurs petits yeux égarés, regardent inquiets sans rien comprendre de tout ce remue-ménage. Après nombreuses poignées de main à tous les amis, le chef nous écarte. Au loin et à toute vapeur arrive le monstre d’acier qui nous emmènera peut-être à la mort. Le voilà en gare, il souffle et ronfle. Tout le monde se précipite, les pleurs redoublent et un coup de sifflet strident nous avertit que s’en est fait, nous partons. »

Carnet d’Henri PLUMARD du 2e Zouaves

10 août 1914, près de Lyon

« Je suis arrivé à Sète samedi à 10 heures et de là on nous a dirigés sur Lyon où nous sommes cantonnés ici à proximité du camp de Sathonay, d'où nous devons partir d'ici peu pour aller continuer l'ouvrage : aider à nos camarades de la métropole qui se sont déjà si vaillamment conduits. Partout où nous sommes passés, nous avons été très bien accueillis et c'est avec plaisir que j'ai pu constater l’enthousiasme patriotisme et l'élan avec lequel chacun se prête pour faire son devoir et donner une bonne leçon à ces brutes d'Allemands. »

Carnet de campagne du sous-lieutenant Gabriel GROSDENIS du 19e BCP

14 août 1914, Chambley

« …Chaque fois que je lève la tête des balles me sifflent aux oreilles ou tombent à mes pieds. On vise les chefs de section. Nos mitrailleuses entrent en action. Mes chasseurs en blaguant froidement tirent sur tout ce qui se profile à la crête. Des bavarois passent en courant affolés jusqu’à un kilomètre, pendant que des balles les environnent de poussière. Beaucoup tombent comme dans un jeu de massacre ou font les morts. S’ils se lèvent, ils ne vont pas loin. La crête semble couverte de cadavres. Notre mouvement a réussi. Pris dans l’angle de feu par les autres sections, tous s’enfuient ou tombent jetant ses armes. 30 bavarois se rendent. J’ai un homme tué à ma section… »

Carnet de campagne du volontaire Léon, 8e régiment de ligne

25 août 1914, Mariembourg

« Sans but, harcelés comme du bétail, nous traînons nos corps épuisés par des chemins pleins de poussière, à travers des régions accidentées. J'ai faim, je suis incapable de demander quoi que ce soit à quiconque ; d'ailleurs, pourquoi le ferais-je ? Les autres ne possèdent rien non plus ! Dans les magasins que nous rencontrons, il n'y a rien à acheter ; ceux qui nous précèdent ont tout pris.»


Carnet de guerre d’Albert THEVENIAUD, caporal au 205e Régiment d’infanterie

30 août 1914, Crécy-le-Château

« L’assaut va être tenté en masse par les 3 bataillons (205e et 148e) ils nous restent que deux mitrailleuses pour préparer le travail ; et encore les chevaux sont tués, les servants ont bien du mal à arriver au plus de la route. Enfin, le clairon se fait entendre et nous voilà partis. Nos deux pièces crachent bien et cela nous encourage. Nous sommes serrés et la route monte terriblement ; ce qui nous retarde. Nous avons un moment d’espoir, l’ennemi cesse de tirer pendant quelque temps ce qu’il nous fait croire qu’il va déguerpir. Hélas, ce n’est qu’une ruse, ils ont simplement déplacé leurs pièces, et c’est avec un feu terrible qu’ils nous reçoivent en enfilade au bout de la route. Ils nous tuent à bout portant et rien pour s’abriter. Ah si nous avions seulement un peu le 75 avec nous, nous aurions le passage ; car enfin ce n’est que de la cavalerie… »

Carnet de guerre de Joseph FREMAUX, soldat au 145e RI

01 septembre 1914, Boussois, secteur de Maubeuge, Nord

« Nous avançons prudemment nous ne remarquons rien d'anormal alors en avant et un peu après à notre gauche nous entendons une très vive fusillade : C'est un autre bataillon qui est aux prises au loin avec les Allemands. Au loin nous apercevons les mitrailleuses qui se replient et nous passons près du fort de Boussois qui est totalement démoli. Pourtant quelques batteries françaises continuent d'arriver sans discontinuer sur le fort. Nous arrivons dans un champ dont le blé n'est pas encore rentré. Nous assistons alors à un bien triste spectacle. Derrière chaque botte il y a un blessé et des morts. Nous passons derrière le cimetière et le spectacle est bien plus terrifiant encore : des blessés sont sur les tombes, d'autres se soutiennent aux croix… »

Carnet de guerre de Guillaume GALLIENNE, soldat au 304e régiment d’infanterie

07 septembre 1914, Rembercourt-aux-Pots

« Combien de temps j’y ai été ? Ai-je perdu complètement connaissance ? En tous cas il me semble y avoir été une dizaine de minutes. Je n’entendais plus les balles arriver près de moi ; les boches étaient tout près et je ne me rappelle pas avoir entendu crier. Je me dis, faut partir. Péniblement, je me mets à marcher, mais une fois parti je commence à réentendre les balles arriver. Peut-être n’ont-elles pas cessé de tomber. Je passe à côté d’un homme couché, mort, plus que sûr. Je montais une crête et me disais : « si seulement j’étais de l’autre côté, … ».Une balle me passe sur la main gauche, enlève la peau. Une autre traverse l’épaule gauche. Je me voyais bien près de la mort. Tout de même, je demandais à Dieu de me donner le courage de supporter tout cela, et le priais, si je restais, de m’en tenir compte. »

Carnet de guerre de Charles DELSAUT, télégraphiste au 2e génie

08 septembre 1914, Villiers-Saint-Georges

 « De crainte que les voitures de fil que nous attendons se trompent de chemin, le lieutenant m'envoie me poster à 200 mètres du village, à l'intersection des routes. Je suis tout à côté de la première fosse que je vois en train de faire. On va y enterrer 2 morts. Ce sont deux chasseurs de je ne sais quel régiment, car on a recouvert leurs figures. Des automobiles pleines de blessés ne cessent de passer. »

« Le village où je suis, Villiers-Saint-Georges, a été complètement pillé, encore et toujours par les fantassins. Les gens commencent à revenir et c'est affreux de voir leur mine lorsqu'ils s'aperçoivent des vols faits par nous. Leur rapacité ne porte pas seulement sur les vivres. Dans les magasins, jusqu'à des caisses de chemises de femmes qu'ils ont prises ! »

Carnet de guerre d'un soldat allemand

08 septembre 1914, Vaubecourt, Meuse

« Dès le matin, combat avec l’ennemi. Bientôt fuite des pantalons rouges, mais nous entrons en combat avec l’artillerie et nous nous retranchons. Aujourd’hui rien n'à manger, mais nous buvons du vin et du bon. Chaque jour, nous perdons quelques hommes. Le soir, nous occupons notre tranchée où nous passons toute la nuit : déjà la 2e nuit sans dormir. L’ennemi veut manifestement percer ici pour ne pas être pris. »

Carnet de DELEUZE Paul, ordonnance d’un officier de la 65e division d’infanterie

30 septembre 1914

«.. Les journaux d’aujourd’hui racontent que le gouvernement fait préparer des tricots, des…., et des gants de laine pour les soldats. Ils n’auraient pas sans doute l’intention de nous faire passer l’hiver ici, ces messieurs ! Ça serait bigrement terrible et qu’est-ce que ce sera s’il faut rester encore trois ou quatre mois…»

Carnet d’Elie BOUCHER, sergent au 1e Zouaves

13 octobre 1914, Roclincourt

« Ce petit village saccagé se nomme Roclincourt, nos cuisines y seront installées, malgré la pluie d'obus ; le pays est en partie abandonné, nos cuisiniers ont trouvé chez un marchand en gros, des œufs et du beurre et nous ont confectionné une abondante omelette. »

« S'il est des jours ou on ne mange pas ou guère, par contre, on trouve en certains endroits, trop. C'est le gâchis même, on y saccage tout, on peut dire qu'après le passage de " l’ami " ou de " l’ennemi ", c'est la ruine pour tout le monde, c'est la grande misère après aussi, pour tous, ces bons paysans obligés de quitter leur demeure c'est triste ; rien n'est respecté ni linge, ni meubles, ni vin, rien en un mot. »

« Certains vieux, nous disent les larmes aux yeux qu'ayant vu 1870, rien de pareil n'existait, qu'au contraire, dans certains cas, les Allemands respectaient mieux les biens que nous autres, ce n'est pas élogieux pour nous, mais il faut constater la vérité en ce qui nous concerne... enfin ; c'est bien la vie dépeinte que nous avons entendu clamer à toutes les occasions de manifestations contre la guerre. »

Carnet de Gustave TIBERGHIEN, du 3e Chasseurs belge

27 octobre 1914, secteur de Pervyse, Belgique

« L’action continue d’être très vive. Nous sommes tous mélangés Belges et Français. Les obus pleuvent dru. Il y a beaucoup de tués et de blessés. Nous ne recevons pas de vivres. Nous mourons de faim. Notre capitaine a été blessé hier. Il y a très peu d’hommes de la compagnie. Les Allemands creusent une tranchée à 250 mètres. Ils hissent le drapeau blanc. Nous voyons qu’ils jettent leurs morts au-dessus d’un parapet. Épuisé, je vais à la recherche de ma compagnie qu’on me dit être à Kapelle. »

Carnet de Pierre MONNIER du 46e régiment d’infanterie

04 novembre 1914, Argonne

« Il fait en ce moment un superbe temps d’automne, très doux avec un soleil voilé. Les bois sont exquis. J’y ai fait hier une longue promenade, la canne à la main, en allant visiter un grand front de tranchées. Nos tranchées sur tout ce côté-là sont imprenables. Elles bordent des hauteurs à pic et sont protégées par d’épais réseaux de fils de fer barbelées. Pour y arriver, on passe par de longs boyaux en zigzag. Les tranchées allemandes sont par endroits à 3 ou 400 mètres au plus. On entend très bien les soldats causer, travailler ou faire de la musique. Mais il ne faut pas se montrer, sans quoi l’on est immédiatement salué par les balles. Les Allemands sont très prodigues de leurs obus, et n’hésitent pas à tirer une salve pour un homme qu’ils aperçoivent. Cette nuit, une de nos batteries a profité du clair de lune pour tirer sur des convois allemands, et paraît leur avoir occasionné des dégâts sérieux. Quand ces tirs ont lieu pendant le jour, je vais m’installer à un observatoire d’où l’on a une vue très étendue, c’est un spectacle très amusant. Nos pièces de 155 ont d’ailleurs des effets terribles. »

Carnet de Joseph RAIDL du 168e régiment d’infanterie

05 novembre 1914, Thiaucourt, Meuse

« Nous partions par petits groupes protégés par les feux de salve que nous exécutions et comme je me trouvais à l’extrémité gauche de notre tranchée et que nous partions par la droite, j’ai fait le chemin à genoux en tirant tous les 4 mètres et puis je suis parti en courant par le petit sentier. C’est alors que j’ai été blessé à la main gauche par une balle qui m’a traversé la main, mais heureusement n’a pas touché les os, ce qui fait que je pourrai me resservir de ma main et bientôt retourner rejoindre mes camarades. Ce qui m’a fait le plus de peine au moment où je me suis vu blessé, c’est de quitter mes camarades et de penser que leur nombre se trouve réduit. Pourvu qu’ils ne soient pas blessés comme moi, c’est ce que je leur souhaite ! Puis j’ai rencontré mon adjudant qui m’a indiqué… »

Carnet de Pierre MONNIER du 46e régiment d’infanterie

18 novembre 1914, Argonne

« À certains points de notre ligne, les tranchées sont à 30 mètres d’intervalle, aussi s’agit-il de ne pas faire un pas au-dehors. On s’envoie des injures dont Homère rougirait, et des invites à se rendre conçues en termes appréciables. De temps en temps, quelques grenades viennent corser le programme du concert. D’ailleurs en ce moment, la fusillade continue sans une minute d’interruption, même pour déjeuner. Il a gelé assez fort cette nuit, mais j’aime mieux ce temps-là. Mon gourbi, au fond de la tranchée, est habitable par le froid, mais quand il pleut, l’eau ruisselle par le plafond. Nos repas sont apportés d’assez loin, en arrière, et sont très pittoresques. Nous avons tout l’air de mineurs, et sommes à peu près aussi sales : la toilette est forcément sommaire, puisque nous ne disposons chaque matin que d’à peu près 1/4 de litre d’eau apporté de fort loin. »

Carnet de Pierre MONNIER du 46e régiment d’infanterie

19 novembre 1914, Argonne

« J’ai fait ce matin une reconnaissance en avant de nos lignes, mais j’ai fini par me trouver pris entre 3 feux ennemis venant de postes placés beaucoup plus près que nous ne supposions, et m’en suis tiré, je ne sais comment. J’ai eu quelques pertes, puisque sur 20 hommes, j’ai eu 2 sergents tués — et les meilleurs – 3 hommes blessés, et 5 disparus dont deux au moins doivent avoir été faits prisonniers. »

Carnet de Pierre MONNIER du 46e régiment d’infanterie

22 novembre 1914, Argonne

« Nous avons échangé quatre coups de revolver à 10 mètres. Finalement, j’ai ramené quatre hommes sains et saufs, et quatre blessés. Je n’ai pas une égratignure, pourtant je te promets que j’ai entendu les balles siffler à bout portant. Quatre de mes hommes ont boulé l’un sur l’autre, comme des lapins à un mètre de moi ; j’ai eu l’impression que c’était la même balle qui les avait tous atteints A la nuit, une Compagnie du … a repris mon attaque et a pu se main- tenir avec de grosses pertes à 3o mètres de l’ennemi. C’est d’ailleurs à chaque instant un défilé de morts et de blessés à ma tranchée, qui se trouve par conséquent, maintenant à 100 mètres, en deuxième ligne, et relativement protégée par les bois. J’ai fait l’infirmier toute la soirée et j’ai beau ne pas être sensible, il y a quelques bien vilaines blessures. Les brancardiers ont toutes les peines du monde à venir, car on ne peut guère circuler que la nuit, et la nuit on ne voit rien, donc on se perd. D’autre part, il n’y a de routes qu’à trois kilomètres en arrière, le reste n’est que sentiers à peine frayés, ravins à pic, et fondrières glacées. Cette nuit a dû être terrible pour les blessés laissés forcément sur le terrain. Dans cette attaque d’hier, le régiment a perdu cinq officiers ; cela donne la proportion des pertes, qu’on ne connaît pas encore exactement. Nous avons occupé quelques tranchées allemandes, et avancé en moyenne de a ou 300 mètres. Le plus pénible ici, est qu’on n’a pas un instant de sécurité, car il passe des balles tout le temps ; sans compter les grosses marmites qui arrivent de temps à autre. »

Carnet de Pierre MONNIER du 46e régiment d’infanterie

30 novembre 1914, Argonne

« Il vient d’arriver un renfort du dépôt avec un capitaine qui prend le commandement de la compagnie. Il est très gentil, un vieux briscard qui avait été blessé quelques jours avant moi. Je vais probablement prendre le commandement des pionniers Ça doit être assez intéressant. Au fond, je me fais un peu l’effet de ce qu’on appelle au théâtre « une utilité». Une compagnie n’a pas de commandant : Monnier par ci — une section n’en a pas ; Monnier par là — et toujours comme ça ! C’est peut-être flatteur, mais c’est agaçant. »

Carnet de Pierre MONNIER du 46e régiment d’infanterie

07 décembre 1914, Argonne

« Temps affreux ! Heureusement notre abri continue à résister. Hier nous avons été bombardés. Je voudrais pouvoir me promener librement dans cette belle forêt ! Mes hommes travaillent aux boyaux de communication, aux tranchées, et servent les mortiers. On ne peut guère se rendre compte de visu des résultats obtenus, car sitôt qu’on montre la tête on est salué abondamment — et à des distances variant de 3o à 100 mètres, les balles n’ont rien d’agréable à recevoir. Nos patrouilles produisent quelques résultats, mais pour faire vraiment bien dans ces bois, il faudrait des hindous. Le bruit qu’on fait dans les feuilles mortes et les branches rend les surprises très difficiles. Sauf coup de veine, celui qui attaque est à peu près sûr d’échouer et de subir de grosses pertes. On devient, quant au danger, d’une indifférence extrême; les balles ne font pas plus d’impressions que des mouches agaçantes, et l’on regarde avec une curiosité un peu blasée les gros « noirs » tomber à 5o mètres et faire jaillir la terre en déracinant les arbres. Mes hommes marchent à peu près à mon idée. Je leur fiche la paix en général, mais je veux que « ça barde » quand je le demande, ils le savent et nous sommes très bien ensemble. D’ailleurs, les hommes aiment en général les officiers qui ne craignent pas de mettre la main à la pâte et de leur témoigner de la sympathie de mille manières. »

Carnet de guerre puis de captivité de Georges LAUNAY, 31e RI

11 décembre 1914, La Haute-Chevauchée, forêt d’Argonne

« Le matin vers 9 heures, il se produit une violente explosion sur ma droite. Ce sont les boches qui ont pratiqué un trou de mine souterraine sous notre tranchée qui saute avec les hommes qui se trouvent à cet endroit. Ces hommes sont tous tués et quelques-uns sont en morceaux. À 16 hommes dont je fais partie, nous nous trouvons à côté de l’explosion nous avons à peine le temps de nous mettre sur la défensive que les Allemands nous entourent et nous font prisonniers. Les 5e et 6e compagnies ont le temps de se ressaisir et combattent pendant environ 4 heures, mais sont obligés de reculer après avoir perdu environ 200 morts et blessés et exactement 196 prisonniers dont 2 officiers. Il est vraiment extraordinaire que je n’aie reçu aucune blessure. »

Carnet de Pierre MONNIER du 46e régiment d’infanterie

12 décembre 1914, Argonne

« Les Boches ont fait sauter hier une tranchée, ce qui a causé de la casse. D’ailleurs, en temps normal, en dehors des jours d’attaques, nous perdons une dizaine d’hommes en moyenne par jour, « J’ai fait installer des douches où mes hommes peuvent se laver à l’eau chaude tout le corps, ce que beaucoup n’avaient pu faire depuis le début de la campagne. »

Carnet de guerre du capitaine GAMBARELLI du 118e territorial

23 décembre 1914, Sud de Reims

« Nous suivîmes tout le terrain gagné parallèlement creusé aux tranchées ennemies ; chaque 20 pas nous nous mettions au créneau dans l’espoir d’en voir un. Inutile, cela n’empêchait pas ces brutes de tirer sur nous de derrière leurs créneaux. Je dis à  …. Prenez aussi un fusil et tirons tous les deux. Nous tirâmes, lui un coup, le premier dit-il de sa vie, alors que j’en ai tiré deux autres après, soit trois cartouches dans le même créneau ennemi sans jamais voir personne. Et mon insistance à tirer me dit le soldat qui me passait les cartouches était inutile, car il me dit : « Voilà 3 mois que nous sommes en face jamais j’en n'ai vu un seul ».

 

 

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