Témoignages > Carnets de 1917


Carnet de guerre d’Alexandre ROBERT du 204e régiment d’infanterie

08 mars 1917

« Je constate que l’état d’esprit est le même à peu près dans tous les régiments qui montent aux tranchées, nous avons tous la même manière de voir. À peu près comme au 204, tout le monde en a assez et désire que cela cesse à tout prix. Nous voulons la victoire par la paix, tandis que d’autres à l’intérieur veulent la paix par la victoire : une victoire lointaine et problématique, une victoire qui sera noyée dans le sang, voilée de deuils et assombrie par des misères et des malheurs incalculables…Nous ne devons pas nous battre pour accrocher des croix de guerre après des croix de bois, pas plus que pour mettre des feuilles de chêne sur les képis qui n’ont été faits que pour porter des galons, mais bien pour la France. »


Rapport du général Mignot sur les mutineries en Champagne

02 juin 1917

« Depuis longtemps, la 41e DI a été privée du repos normal attribué à toute troupe venant des attaques. Après la Somme, le général commandant en chef avait promis un long repos, 40% de permissions. Au cours du retour, la destination fut changée pour l'Argonne et l'on entra en secteur au bout de cinq à six jours seulement sans même être reconstitué. Ce manquement à une promesse affecta beaucoup l'esprit des hommes. »

Carnet de guerre Jules BARBE du 42e régiment d’infanterie

15 octobre 1917

« Le soir à 19 h nous montons en ligne, nous y arrivons à minuit. Là pas de tranchée, que des trous d’obus pleins d’eau et des macchabées. Pour le moment, je suis dans un trou d’obus avec deux autres. De la terre grasse jusqu’aux genoux, de la flotte et plusieurs macchabées qui sentent mauvais : et je vais rester là 6 jours et 6 nuits complètes sans pouvoir bouger, assis dans l’eau, impossible d’écrire, car les lettres ne partent pas depuis ici. On nous apporte à manger une fois par jour à minuit. »

 

 

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