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Une neutralité toute relative

Au déclenchement de la Grande Guerre en 1914, les États-Unis restent neutres. La croyance collective dans une guerre courte, le nombre important d'immigrants installés aux États-Unis et originaires à la fois des pays alliés et des puissances centrales, expliquent cette décision.

Cette neutralité est toutefois de courte durée car sur les plans économiques et financiers, les États-Unis ne peuvent se passer du marché européen qui est leur principal importateur. Ainsi, dès 1915, le président Wilson autorise les prêts bancaires à court terme et le commerce avec les différents belligérants. Néanmoins, la mise en place du blocus allié contre les puissances centrales et le lancement de la guerre sous-marine par les troupes allemandes fait tomber le commerce avec l’Allemagne à 1% de ce qu'il était avant 1914.

Sur le plan militaire, les États-Unis ne sont pas prêts pour intervenir en Europe. L'armée régulière compte à peine 127 500 soldats. De plus, ces soldats sont mal entraînés et mal équipés. Quand à la garde nationale, composée de 181 000 recrues, 90 000 sont basés le long de la frontière mexicaine.

Crédit photo : ECPAD

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À cette époque, le Mexique représente la plus grande menace pour les États-Unis. Le Mexique a l'ambition de reprendre les territoires du Texas, du Nouveau-Mexique et de l'Arizona aux américains.

Les volontaires

Dès août 1914, la politique officielle de stricte neutralité est contestée par un certain nombre d'Américains qui désirent manifester leur sympathie pour la France et ses alliés. Pour diverses raisons, des américains s'engagent dans l'armée américaine persuadés que les États-Unis entretont en guerre contre les empires centraux à un moment donné. D'autres ne veulent pas attendre et partent pour la France où ils s'engagent dans la Légion étrangère.

Parmi ces légionnaires américains, plusieurs souhaitent s'engager dans l'aviation. Après de longues démarches, un groupe d'Américains réussit à former, en avril 1916, avec l'aide des Français, l'Escadrille 124, l'Escadrille américaine basée à Luxeuil. Elle est dès lors affectée sur les différents fronts français.


Crédit photo : Archives Getty

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Cette période d'intense activité est ponctuée de moments symboliques dont le 6 décembre 1916 où l'Escadrille prend le nom officiel d'Escadrille La Fayette. Le 04 juillet 1917, jour de fête nationale américain, une délégation de cette escadrille défile devant les statues de Washington et La Fayette, à Paris. Le 15 août 1917, l'Escadrille est citée à l'ordre de l'Armée. Le 01 janvier 1918, l'Escadrille La Fayette sera intégrée dans l'Armée de l'Air américaine.

Au total, ce sont 267 pilotes américains qui se sont engagés dans l'aviation française durant le conflit.

La conscription

Lors de la déclaration de guerre américaine à l'Empire allemand, le 06 avril 1917, le gouvernement américain doit choisir entre la création d'une armée de volontaires ou de conscrits. Pour éviter de déstabiliser son économie, le gouvernement choisit la conscription des hommes âgés entre 21 et 30 ans.. Afin d'éviter de confier l'organisation de la conscription à des agents fédéraux, le gouvernement joue la carte des valeurs familiales et nationales à travers des affiches incitant les jeunes hommes à l'effort de guerre. La célèbre affiche britannique de recrutement représentant Lord Kitchener s'adressant au peuple britannique va servir d'exemple pour la version américaine représentée par l'Oncle Sam.

Ainsi commence la conscription qui va voir pas moins d'un tiers des hommes appelés exemptés pour des raisons médicales. Au final, les habitants des campagnes, moins sujets aux maladies que les ouvriers, sont les plus présents au sein de l"armée américaine. Du coup, plus de 500 000 conscrits sont des immigrants dont la moitié ne maîtrise pas l'anglais. On estime ainsi que l'armée américaine de 1917 réunit des hommes parlant pas moins de 46 langues différentes, un véritable obstacle à la compréhension des instructions militaires.

Au cours de l'été 1917, les premiers groupes de conscrits rejoignent leurs camps d’entraînements, tandis qu'en France l'armée régulière a déjà débarqué ses premiers contingents. Les premiers jours dans ces camps sont marqués par la découverte de la discipline militaire, les vaccinations et les tests psychologiques.


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Crédit photo : National Archives and Records. Washington

L’entraînement, c'est avant tout le drill, l'apprentissage de la marche au pas qui sera nécessaire lors des combats en Europe. C'est ensuite l'usage de la baïonnette qui reste le symbole fort de l'esprit offensif pour les militaires.

Le corps expéditionnaire américain (AEF)

Le commandant en chef du corps expéditionnaire américain en France est le général Pershing. Il débarque en France le 13 juin 1917, accompagné de 150 membres de son état-major, à Boulogne-sur-Mer où il est accueilli comme le sauveur. Il est la première bonne nouvelle de l'année 1917 suite à l'échec de l'offensive Nivelle au "Chemin des Dames" et la défection de la Russie qui se retire du conflit. Les Français et les Britanniques croient à tort que le général Pershing va mettre à leur disposition ses soldats qui vont commencer à débarquer dès le lendemain dans le port de Saint-Nazaire.


Crédit photo : ECPAD

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Le général américain refuse catégoriquement de donner ses soldats. Le président Wilson lui a donné l'ordre de constituer une armée américaine indépendante sur le sol français. Les Français comme les Britanniques comprennent alors qu'il faudra plusieurs mois avant que les sammies ne soient opérationnels. Aussi puisqu"ils ne peuvent en disposer, Français et Britanniques proposent au général Pershing d'équiper et de former ces nouveaux soldats qui ne connaissent encore rien de cette nouvelle forme de guerre. Le général américain accepte d'être aidé dans cette tâche qui n'est pas des plus simples vu le manque cruel d'expériences de ces soldats.

À présent, le général Pershing doit résoudre toutes les questions inhérentes à l'installation des troupes américaines en France et à leur préparation au combat. Or, le choix des lieux d'installation est conditionné par le choix d'une zone de combat. Au moment où débarquent les premières troupes américaines à Saint-Nazaire, les généraux Pétain et Pershing définissent ce qui sera le but de l'armée américaine : la réduction du saillant de Saint-Mihiel.


Crédit photo : Archives Photos Getty Images

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Le choix d'un port de débarquement est la première décision que Pershing doit prendre en matière d'installation avant même que soit déterminé le Front américain. Pour la qualité de ses équipements, le port de Saint-Nazaire est choisi. Dès le 9 août 1917, une seconde base est créée à Bordeaux, puis en septembre commencent les travaux d'aménagement du port de Brest. Au total, entre juin 1917 et novembre 1918, l'Armée américaine utilise, pour ses débarquements en France, 85 cales existantes et en construisit 83 nouvelles dans les ports français.

Le premier débarquement des Doughboys en France

Le 14 juin 1917, la 1re Division d'Infanterie américaine Big Red One (14 750 soldats, 103 infirmières, 46 700 tonnes de matériel) , commandée par le général Sibert, embarque à bord de 15 navires de transport à New York. Destination la France. Le 28 juin 1917, les premières troupes américaines débarquent enfin à Saint-Nazaire où un camp d'entraînement leur a été spécialement aménagé, dans le village voisin de Villès-Martin. La longue traversée, le mal de mer, omniprésent parmi ces hommes qui n'ont pour la plupart jamais vu la mer, et  le risque d'un torpillage à tout moment, mettent à mal les nerfs de ces hommes qui arrivent en France complètement épuisés mais soulagés de regagner la terre ferme.


Crédit photo : ECPAD

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Peu à peu, Saint-Nazaire se transforme avec le débarquement des américains qui installent leur hôpital, leur salle de spectacle, leurs magasins et près de 1 200 baraquements. Les français doivent s'habituer à voir des étranges soldats souvent exubérants avec leur drôle de chapeau de feutre se promener dans les rues de Saint-Nazaire. Les français les appelle familièrement les sammies en référence à l'Oncle Sam.

Pour ce premier contingent américain, l'été 1917 est une période de découvertes et d’adaptations à l'européenne. De nombreux défilés et fêtes patriotiques alternent avec les entraînements, les maniements des armes françaises ainsi que l'apprentissage de la guerre dans les tranchées.


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L'armée américaine, n'étant pas encore prête à faire une guerre en 1917, n'a pas encore les moyens logistiques d'équiper tous ces soldats. Néanmoins, l'appel d'urgence lancée par la France incite les États-Unis a déjà envoyé ses premiers soldats qui de part leur simple présence va contribuer à remonter quelque peu le moral des troupes françaises épuisées par 3 longues années de guerre.


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Dès leur arrivée sur le sol français, les soldats américains vont être équipés par l'armée française qui leur fournit tout le matérile nécessaire pour rendre cette armée opérationnelle. Ainsi, les français fournissent 260 chars de combat, 2 150 canons de 75 mm, 1 684 canons d'autres calibres, 4 881 avions, la quasi-totalité des munitions d'artillerie, 20 000 mitrailleuses et plus de 20 millions de cartouches. De son côté, l'armée britannique fournit les fusils, les vêtements, les outils, le sac de survie et le casque adapté à cette guerre de tranchées. Il faudra quelques mois pour que les troupes américains soient enfin prêtes pour le combat.


Crédit photo : ECPAD

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Les autres débarquements des Doughboys en France

Très rapidement, d'autres ports français vont accueillir les contingents américains toujours plus nombreux. Ainsi les ports Bordeaux, La Pallice, Le Havre, Brest sont agrandis pour accueillir l'ensemble des navires en provenance des États-Unis chargés à la fois d'hommes et de matériel de tout type. À la fin de l'année 1918, pas moins de 2 millions de soldats américains ont traversé l'Atlantique sur plus de 1 000 navires : un véritable exploit, impossible sans la mobilisation de la flotte britannique qui fournit la moitié des bateaux.


Crédit photo : ECPAD

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Parmi les premiers contingents arrivent  50 000 hommes du génie américain qui mettent rapidement en place de nombreuses voies ferrées, des gares, des dépôts, des routes, des lignes télégraphiques et même des aérodromes. À Bassens, les Américains créent un port artificiel capable de recevoir et de décharger vingt navires à la fois. Ces travaux permettent de recevoir le gros des troupes et les innombrables matières premières dont la France a besoin pour continuer la lutte.

Les principaux ports utilisés tant pour le débarquement des hommes que pour les approvisionnements sont :

  • Groupe nord ou de la Basse-Loire : Saint-Nazaire, Nantes, Brest ;

  • Groupe sud ou de la Gironde : Bordeaux, Bassens, Pauillac, La Pallice, Le Verdon ;

  • Groupe de la Manche: Le Hâvre, Caen, Grandville, Saint-Malo, Rouen ;

  • Groupe de l'Atlantique: Les Sables d'Olonne, La Rochelle, Rochefort, Bayonne ;

  • Groupe de la Méditerranée : Marseille, Toulon.


Crédit photo : SIGNAL CORPS USA

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Ensuite, ils relient chacun de leurs ports et de leurs camps par des voies de chemin de fer qui vont jusqu'à Is-sur-Tille en passant par Bourges et Tours. À Gièvres, une immense gare régulatrice est installée. Elle comprend deux gares de triage, avec 145 hectares de stockage, un dépôt pétrolier, une usine frigorifique, un arsenal pour les munitions, un atelier de 200 locomotives. En novembre 1918, le personnel américain du chemin de fer s'élève à plus de 30 400 agents pour un parc de 14 000 wagons et de 1 380 locomotives. Plus de 5 000 hommes et 10 000 tonnes de matériel empruntent chaque jour ces voies ferrées.


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Le rythme des débarquements de troupes s'accélère et de 78 000 Sammies présents au début du mois de novembre, le corps expéditionnaire américain compte près de 150 000 hommes sur le sol de France au 31 décembre. Un an plus tard, ils seront deux millions. L'année 1917 voit ainsi la mise en place de la machine de guerre des États-Unis qui, pour la première fois, interviennent dans un conflit à l'échelle mondiale et s'imposent comme une grande puissance.


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Les premiers soldats Afro-Américains de la guerre

Avec l'instauration de la conscription, les Afro-Américains sont eux aussi appelés sous les drapeaux. Une telle décision ne manque pas de soulever de nombreuses polémiques au sein d'un pays marqué par la ségrégation et les violences raciales. Aux yeux de nombreux "blancs" américains, les Afro-Américains restent des soldats de second rang, à peine des combattants. Pour toutes ce raisons, ils sont employés à des tâches logistiques de transport, de ravitaillement ou de maintenance.


Crédit photo : ECPAD

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Cette discrimination au sein même de l'armée même ne parvient pas pour autant à décourager les jeunes noirs américains à s'engager, dans l'espoir que leur participation à l'effort de guerre pourra aboutir à une amélioration future de leur conditions de vie.  Dès leur incorporation, ils sont envoyés dans des camps réservés aux Afro-Américains. Pendant leur période d’entraînement, ils sont parfois condamnées à un quotidien de misère, dans des baraquements trop peu nombreux et dans des conditions d'hygiène et sanitaires déplorables.


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Malgré tout cela, ce ne sont pas moins de 367 000 soldats noirs qui serviront leur pays durant la Grande Guerre : 200 000 seront employés dans la logistique en France, 127 000 seront employés dans la logistique aux États-Unis et 40 000 arriveront à prendre part aux combats en France.


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Parce que la guerre en France demande toujours plus de soldats, le War Department décide la création de 2 divisions combattantes noires, la 92e et la 93e.  Ces divisions arrivent en France le 27 décembre 1917. La 92e division joue un rôle limité au début de l'offensive Meuse-Argonne à l'automne 1918. Ses mauvaises performances renforcent l'idée de l'état-major américain que les soldats noirs sont inaptes au combat. En revanche, la 93e division, placée sous commandement français, dotée de fusils et d'uniformes français, se montre exemplaire. Trois unités de la 93e division recevront, en reconnaissance de leur bravoure, la croix de guerre, la plus haute distinction militaire française.


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Les soldats Afro-Américains se sentent rapidement mieux considérés par les Français que par leur propre armée. Pour les civils français, les soldats afro-américains sont gentils et courtois, ce qui les distinguent des autres soldats américains. Avec l'arrivée des Afro-Américains, les Français découvrent le jazz, leurs instruments de musique et leurs danses.

Les Harlem Hellfighters

Ce groupe de soldats afro-américains faisait partie du 15e régiment de la garde nationale de New York avant la déclaration de guerre des États-Unis à l'Empire allemand. Dès la mobilisation, il est transféré au 369e régiment d"infanterie, qui fait partie de la 93e Division d'infanterie américaine. Ils sont rapidement surnommés les "Harlem Hellfighters" ou les "Black Rattlers" ou les "Men of Bronze".

Ainsi, le 27 décembre 1917, les 92e et 92e divisions afro-américaines débarquent en France. Le défilé de ces troupes est remarqué lorsque son orchestre, composée d'une soixante de musiciens, joue La Marseillaise sur un air de jazz. Ces soldats, considérés comme de second rang par sa propre armée, sont moins bien entraînés, habillés et nourris que leurs homologues "blancs".  L'armée américaine et ne leur montrant aucune estime, ils sont tous relégués à des tâches de soutien.

Le général Pershing, commandant en chef des forces américaines, envoie même une note secrète aux militaires français intitulée "Secret Information Concerning Black American Troops" dans laquelle il évoque le « manque de conscience civique et professionnelle » des soldats afro-américains, qui constituerait une « menace constante pour les Américains ». Néanmoins, les militaires français ne prennent pas en compte cet avertissement et le maréchal Foch, commandant-en-chef des forces alliées, exige que le régiment soit incorporé aux troupes françaises.

En mars 1918, les Harlem Hellfighters sont incorporés à la 161e division d'infanterie française. Ils opérèrent notamment en Champagne et en Alsace, se battant sur le front pendant 191 jours, soit plus que tous les autres soldats américains. C'est aussi la première unité alliée à franchir le Rhin. Leur surnom de « Harlem Hellfighters » leur est donné par les Allemands, surpris par leur courage. Environ 1 500 d'entre eux périssent au combat.

Sous la pression des autorités américaines, le régiment n'est pas autorisé à parader dans les rues de Paris après la victoire ! Le régiment quitte la 161e division d'infanterie le 18 décembre 1918 en vue de son retour aux États-Unis. Grâce au colonel William Hayward, et malgré les réticences du commandement américain, les  Harlem Hellfighters peuvent tout de même défiler sur la Cinquième Avenue de New York à leur retour en février 1919.


Crédit photo : ECPAD

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Après la guerre, le gouvernement français décerne au régiment la Croix de guerre décorée d'une étoile d'argent pour la prise de Séchault. Ce sont les premiers Américains à avoir été ainsi décorés de la Croix de guerre française. 171 d'entre eux reçoivent également des distinctions à titre individuel.

Les premiers amérindiens de la guerre

Malgré qu'ils n'ont pas la citoyenneté américaine, les indiens sont recensés et incorporés à l'armée américaine. Ces amérindiens proviennent de nombreuses tribus dont 6 000 osages et quapaw, 4 000 sioux, 1 900 cherokees, 1 000 chippewa, 900 cheyennes. Au total, ce sont 17 313 Indiens qui servent sous le drapeau américain. Parmi eux, 14 000 sont envoyés en Europe, sur le front occidental, non en unités constituées, mais plutôt à des postes spécifiques, tels que patrouilleurs dans l'infanterie ou transmetteurs du Signal Corps.


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Contrairement aux afro-américains, les indiens sont intégrés dans des unités blanches. L'engagement des Indiens, héroïques puisque plusieurs d'entre eux reçoivent la Croix de Guerre, conduit à accorder enfin la citoyenneté américaine aux Natives dès 1919. Ils restent néanmoins considérés comme des citoyens de seconde zone.

Les combats américains

Les 02 et 03 novembre 1917, un bataillon américain est engagé à Bathelémont-lès-Bauzemont. Lors de cet affrontement, 3 soldats américains sont tués : James B. Gresham, Merle D. Hay et Thomas F. Enright. Ce sont les 3 premiers morts américains sur le sol français durant cette guerre.

À partir du 15 janvier 1918, une brigade et la totalité de l'artillerie de la 1re Division d'Infanterie sont intégrés à la 1re armée française. Elle relève la division marocaine dans le secteur de Ménil-la-Tour. Le premier tué est enregistré le 19 janvier 1918. Les pertes vont devenir quasi quotidiennes à partir de fin janvier et augmenteront progressivement avec l'intensification de l'activité ennemie jusque fin février, se montant à 24 tués et 30 blessés.


Crédit photo : SIGNAL CORPS USA

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Le 10 mars 1918, les deux brigades de la 2e Division d'infanterie sont devenues opérationnelles. Elles s'installent en position défensive à Ranzière, dans le secteur de Saint-Mihiel. Ce saillant est dans le dispositif français et tenu par les Allemands depuis trois ans, ce qui représente une menace permanente pour les alliés situés à l'est de Verdun. Début avril, l'ennemi tenant les hauteurs dominant Montsec, les américains lancent des raids d'entraînement au-delà de Seicheprey et dans le bois de Remière qui vont jusqu'au corps à corps.


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Le 31 mai 1918, la 2e Division d'infanterie américaine, forte de 26 665 soldats dont 1 063 officiers, reçoit l'ordre de de constituer une ligne défensive solide dans le secteur de Château-Thierry. Reprenant aussitôt l'offensive suivant les directives du Général Foch, la VIe Armée française met la 2e DI US à l'épreuve du feu. Dans la nuit du 5 juin, les Marines et le 23e d'infanterie américain contre attaquèrent et prirent pied dans le bois de Belleau. Le 6 juin, un bataillon du 23e perdit 27 tués et eut 225 blessés.


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Le 10 juin, les Marines du général James Harwood forcent le sud du bois de Belleau. Au bout de deux jours, ils ont réduit les points de résistance, fait 500 prisonniers, se sont emparés de 35 mitrailleuses et de leurs réserves de munitions. Soumis pendant dix jours à de violentes contre-attaques, ils parviennent le 25 juin à chasser les derniers Allemands qui se cramponnaient au coin nord du bois. Ils font encore 300 prisonniers et, dans la foulée, s'emparent du village de Bouresches.


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Du 12 au 14 septembre 1918 a lieu la bataille américaine pour la réduction de Saint-Mihiel, où 550 000 soldats américains sont engagés au côté de divisions françaises qui attaquent l'aile sud du saillant. Malgré une forte résistance du bastion de Mont Sec par les allemands, l'avance se déroule comme prévu. Les troupes américaines se révèlent extrêmement efficaces. Emportées par leur élan, elles enfoncent les lignes allemandes si bien que le saillant fut rapidement conquis. De quinze à seize mille prisonniers et 450 canons allemands tombent aux mains des américains qui perdent 7 000 combattants.


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Dans la bataille de la Meuse-Argonne où 1200 000 hommes sont engagés, du 25 septembre au 11 novembre 1918, les combats sont difficiles, mais l'ennemi recule. Le 1er novembre, l'armée américaine attaque entre l'Argonne et la Meuse, le 11 novembre elle est aux portes de Sedan.

Au total, les américains perdent 53 400 soldats, morts au combat, durant la Grande Guerre. Cela peut paraitre peu au vue des pertes subies par les autres pays belligérants mais si on considère que les troupes américaines n'ont réellement participées aux batailles qu'à partir du printemps 1918, cela reste dans la moyenne des énormes pertes encourues par les autres pays belligérants. Durant les 6 mois de combat jusqu'à la signature de l'armisitice, les américains perdent 820 soldats par jour, contre 900 pour les armées françaises.


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