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La guerre se fait avec des soldats mais aussi avec de l'argent. Sans soldats, l'argent ne sert à rien et sans argent impossible d'équiper et de ravitailler ses soldats. Ainsi durant plus de 4 ans, toute la richesse de chaque pays en guerre, son sang et son or passèrent dans les nombreux combats de la Grande Guerre. À l'arrière, on versait ses économies pour la défense du pays et l'on se serait la ceinture.

La mobilisation financière

Trouver de l'argent pour mener à bien la guerre, tel était le rôle du gouvernement en 1914.

Quatre moyens étaient disponibles :

  • L'augmentation des impôts indirects, des taxes sur la consommation, sur le tabac et l'alcool. En France, Il n'était pas question d'augmenter les impôts directs ;

  • L'endettement intérieur à travers la diffusion de bons de la défense nationale qui avaient l'avantage d'associer la bonne affaire d'un intérêt de 5% avec l'accomplissement du devoir patriotique. La propagande utilisant la culpabilisation patriotique a fonctionné dans de nombreux pays.

    « Les soldats donnent leur sang, donnez votre or » ;

  • L'endettement extérieur via des bailleurs de fonds étrangers. Ce sont surtout les États-Unis, jeune nation en pleine croissance qui furent sollicités par les Alliés.  Avant 1914, la monnaie référence était la Livre sterling britannique. Après 1919, la monnaie référence était devenue le dollar américain. Les banques américaines marchandaient leur soutien, prêtant à des taux d'intérêt prohibitifs en arguant du risque de ne jamais recouvrer leur argent en cas de victoire des pays de l'Axe. Lors de l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, Washington apporta sa caution à Paris et versa l'équivalent de 13 milliards de francs de 1917 à 1918 ;

  • L'inflation provoquée par la guerre, qui faisait fondre le stock d'or à vue d’œil, obligea les gouvernements à imprimer autant de billets de banque que nécessaires pour pouvoir financer les achats de guerre. Cette méthode fut la base de la dépréciation monétaire et d'une hausse des prix de nombreux produits.

La mobilisation économique

La mobilisation des hommes perturba fortement la production et les échanges en France. Mais comme la guerre devait soit-disant être courte, le gouvernement français ne s'alarma pas.

Lorsque ce même gouvernement compris en octobre 1914 que la guerre serait longue, il s'inquiéta de la relance de la production industrielle et agricole. Il devait convertir une économie de paix en économie de guerre.

  • Une industrie en guerre

    La Grande Guerre fut la Première Guerre qui entra dans une logique industrielle où les combats ne se gagnaient pas uniquement avec des soldats mais aussi grâce aux industries de l'arrière. Des terrains furent dégagés pour y construire de nouvelles usines. D'autres se reconvertirent en usines de guerre. Tous les corps de métier nécessaires pour mener à bien cette guerre avaient transformés leur entreprise pour servir l'armée. Les méthodes de travail des usines évoluèrent tout au long du conflit. Ainsi le travail à la chaîne, venu en ligne droite des États-Unis, fit son apparition.


  • Les ouvriers

    Pour faire tourner ces usines, il fallait engager. Dans un premier temps, le gouvernement français faisait revenir des tranchées ses ingénieurs et des ouvriers spécialisés. Ensuite, les usines embauchèrent massivement des femmes, que l'on surnomme rapidement « les munitionnettes ».

    On recruta également les réformés, les étrangers tels que les Belges réfugiés, des Espagnols, des Polonais et des travailleurs chinois fournis pour la République de Chine trouvant ainsi un moyen de contribuer +/- activement au conflit.

    À ces ouvriers, ce sont ajoutés des indigènes coloniaux. Les noirs africains, quant à eux, n'étaient pas recrutés car un préjugé colonial tenace les considérait comme de mauvais ouvriers, alors qu'ils étaient vus comme de bons soldats.

  • Pénuries et rationnement

    Avec des millions de paysans mobilisés et la perturbation des transports ferroviaires, affectés prioritairement aux déplacements des troupes et du matériel de guerre, la production agricole n'a pas manqué de connaître un grand recul en 4 années de guerre.

    Avec une demande qui augmentait sans arrêt et une offre qui diminuait fortement, la hausse des prix ne tarda pas à gagner une bonne partie des pays en guerre.

    Progressivement, devant la montée des pénuries, le gouvernement français décida la réglementation et le rationnement. Par exemple, en 1917, le lundi et le mardi furent décrétés jour sans viande. Les pâtisseries furent interdites 2 jours par semaine. Point de vue rationnement, une carte de sucre fut créée, limitant la consommation individuelle à 500 grammes par mois. En 1918, la carte d'alimentation vit le jour.

    Du côté des civils allemands durement touchés par le blocus maritime britannique, la famine devint catastrophique en 1918. L'armée n'hésita pas à faire de la soupe d'orties pour nourrir ses soldats. Quant aux soldats, ils se privèrent de manger pour envoyer des colis à leur famille.

 

 

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