Thématiques > Les progrès de l'information > La propagande


La propagande est la diffusion de diverses informations destinées à inculquer à une population donnée, une doctrine, une idée et/ou une théorie politique. Utilisée tout au long de l'histoire, elle ne prend son véritable sens qu'au XXe siècle, car c'est durant ce siècle qu'apparaissent les médias de masse tels que la radio, les journaux et pour une certaine élite la télévision.

La propagande de la Grande Guerre s’efforça de conditionner et d'influencer le comportement de la population afin que celle-ci puisse s'investir au mieux dans le conflit. On fit appel au patriotisme de chacun et à la lutte pour le droit et le bien commun.

Chaque État organisa et dirigea sa propre propagande au sein de son pays et en territoires occupés. De nombreuses affiches, qui restaient le moyen de plus facile pour toucher un maximum de personnes de toutes provenances sociales, étaient ainsi placardées dans des endroits très fréquentés.

>> Voir les autres affiches de propagande

Pour le cas particulier de la France, la propagande s'attacha particulièrement à défendre le sol, la terre et les valeurs paysannes chères au cœur des Français.

Les 5 principes de la propagande et l'application française

  • Le 1er principe veut que le camp concerné ne soit pas responsable de la guerre mais qu'au contraire on l'y ait contraint. C'est pour respecter ce 1er principe que les armées françaises ne sont pas rentrées en Belgique avant que ce pays ne soit envahi par les troupes allemandes.

    La propagande française utilise ce principe pour mettre au point des affiches "anti germanistes" reprenant des textes marquants tels que :

    " L’Allemagne a forcé le monde à combattre contre elle ".
    " Par la guerre et la perfidie, la Prusse."
    "L'Allemagne a martyrisé la Pologne".

  • Le 2e principe est que la guerre poursuit de nobles buts et plus particulièrement pour les pays défendant leurs patries, leurs citoyens et leurs terres. C'est en étant l'agressé qu'un pays en difficulté peut obtenir de l'aide d'autres nations.

    Ici aussi la France s’illustre particulièrement et toujours grâce à une série d'affiches de propagande. Le but principal du pays au début de la guerre est de récupérer l’Alsace et la Lorraine, perdues suite à la défaite française de 1870 contre les Prussiens. Ensuite, la France doit repousser l'envahisseur qui menace Paris et la France ;

     

  • Le 3e principe veut que l'ennemi soit montré comme impitoyable, voire monstrueux. Afin de garder un esprit de revanche parmi les troupes et les civils, il faut noircir l'ennemi au maximum.

    Les affiches françaises illustrant ce principe sont à la fois nombreuses et variées. D'autres affiches prennent le pli opposé en glorifiant les poilus ;

     

  • Le 4e principe veut que les victoires sur l'ennemi soient toujours écrasantes et que leurs pertes soient largement supérieures. Ce 4e principe se veut le gardien du moral à la fois des troupes au front et des civils qui à l'arrière travaillent jours et nuits pour fournir le matériel nécessaire à la poursuite de la guerre.

    Ce principe est indispensable pour maintenir le moral de la population qui est restée à l'arrière, mais aussi celui des troupes mobilisées. Les médias les plus à même de diffuser ce genre d'informations sont les journaux ;

     

  • Le 5e principe veut que la population restée à l'arrière ait le devoir de participer à l'effort et cela de n'importe quelle manière.

    En effet, la guerre a un coût tant au niveau matériel, que financier et qu'humain. Pour aider leurs armées au front, les civils doivent faire fonctionner le pays à tous les niveaux que cela soit au niveau agricole, industriel ou d'aide.

     

La caricature au service de la propagande

Le déclenchement très rapide de la guerre semble surprendre les dessinateurs de plusieurs journaux, mais là aussi et comme ailleurs on observe une union nationale. Le ralliement à la cause nationale est immédiat. De nombreuses feuilles volantes sont destinées aux soldats qui combattent au front. La population comme les combattants semblent avoir apprécié ce soutien psychologique :

« Nous devons accomplir une mission nationale. L’humour livre des batailles, apportant son soutien dans la tranchée humide. »

La guerre, considérée comme une guerre défensive, provoque chez tous les artistes une « sainte colère ». Le réflexe de défense de la patrie prédomine sans cesse sur la quasi-totalité des artistes.

 

>> Voir les autres caricatures

Les images produites au début de la guerre montrent toujours que l’ennemi sera pulvérisé. Les caricaturistes illustrent à coups de crayon la victoire certaine et prochaine contre des barbares. L’argument défendu par la France de mener une guerre au nom de la civilisation déclenche l’ire des caricaturistes allemands.

 

 

Pour les Allemands, l’ennemi, le sauvage, le barbare, ce n'est pas le français mais bien le russe ! Il occupe la place centrale du dessin et s’impose par sa taille gigantesque. Rien d’étonnant à cela. La France n’est plus ce peuple hégémonique que les aînés de 1870 se plaisent à brocarder en se référant constamment aux guerres napoléoniennes. Il n’est plus en première ligne pour les Allemands. Aux yeux des dessinateurs allemands, la France est incontestablement à la traîne.

 

 

La stratégie militaire ennemie est la cible des caricaturistes. Le nom des batailles n"est que très rarement évoqué. Les caricaturistes insistent peu sur les faits militaires réels. Chaque belligérant est par contre intimement associé ou à un défaut ou à une incompétence. C'est ce qui a le don de faire rire les combattants du front qui vivent et voient chaque jour des inepties dans les ordres donnés. Il arrive à certains combattants de comparer une caricature d'un journal ou d'une affiche à l'un de ses supérieurs.

 

 

Retour

Haut de page