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La Grande Guerre, guerre de sang, guerre économique, guerre électronique, guerre de la communication et de l"information, constitue un tournant décisif dans l’histoire du renseignement.
La Grande Guerre est, à bien des égards, fondatrice du renseignement moderne actuel.

À l'aube de la guerre, de nombreuses techniques et technologies sont déjà connues tels que la cryptographie et la communications sans fil. Mais c’est surtout leur montée en puissance qui constitue un phénomène nouveau. Les télécommunications jouent un rôle particulier en interceptant les signaux transmis en clair ou cryptés des différentes armées en conflit. Ainsi apparaissent des stations d'écoute sur les champs de bataille. Des sections de renseignements se forment en recrutant des spécialistes du chiffrement et du déchiffrement des messages interceptés.

Ecoute

L'appareil photographique devient un véritable outil de renseignement utilisé par les espions mais aussi par les avions de reconnaissance qui deviennent une spécialité à part entière. Le pilote dirige son avion sur les lieux à photographier, tandis que son observateur prend les clichés  avec son appareil-photo pouvant peser jusqu'à 20 kg. On forme des photographes, on fabrique des appareils-photos spécifiques. On construit également des baraquements pour effectuer les tirages en 2 heures, ce qui est un record pour l’époque. Ces tirages permettent ensuite d’élaborer des cartes très précises pour les artilleurs et l’infanterie. 

La photo-reconnaissance stratégique est née, avec une figure-clef, en la personne de Paul-Louis Weiller. Pour mesurer l’ampleur de la photographie aérienne, il suffit d’un chiffre : entre 1914 et 1918, on passe de 40 000 à 1 million de photos aériennes.

 

Sur un plan moins technologique, les communications des services de renseignement ont permis la mise en place de 4 dispositifs clés.

La censure postale

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Les dispositifs de propagande et de censure

La Grande Guerre permet le développement de moyens de contrôle de l’information très sophistiqués. La diffusion de fausses bonnes nouvelles est courante sur le front ainsi qu'à l'arrière. Il faut à tout prix garder intact le moral des troupes et de la population civile qui œuvre pour le front. Un bulletin d'informations est même inventé pour la population civile.

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Le blocus naval

Le blocus naval a pour but d'asphyxier l'économie de l'ennemi. Ce blocus met sous pression les populations civils qui manquent petit à petit de matières premières servant pour les diverses fabrications, ainsi que des denrées alimentaires qui sont doivent être remplacées par des ersatzs. Ces manques sont rapidement ressentis sur le front où les soldats doivent se soumettre à un rationnement aussi bien alimentaire que vestimentaire et que

 

Les échanges de renseignements interalliées

La coopération entre les alliés permet des échanges de renseignements. Cette coopération ira jusqu'aux déchiffrements de certains codes allemands qui permettront de prévoir les actions ennemies, d'éviter les effets de surprise et ainsi de sauver de nombreuses vies humaines. Les alliés français, anglais et belges unissent leurs efforts pour surveiller les frontières et recruter des espions particulièrement en Belgique et dans le nord de la France, territoires envahis sous autorité militaire allemande.

 

Le renseignement britannique

Les services de renseignement britanniques sont nombreux et opérationnels dès le début du conflit.
Le GQG est en concurrence avec les services secrets du ministère de la Guerre, le War Office, de qui dépend l’Intelligence service créé en 1909. L’Amirauté possède également ses propres sections d’informations à Folkestone.

Le 22 novembre 1914, la conférence interalliée de Furnes décide de mettre en place un bureau de renseignements communs à Folkestone, port situé près de Douvres. Il accueille tous les navires des pays neutres, surchargés de réfugiés et de passagers de toute origine, aux motivations très diverses, ce qui permet un contrôle et un recrutement fructueux pour les services secrets. 

Le renseignement français

Les services de renseignements français ont pris du retard, par rapport aux britanniques et aux allemands, et ne sont pas encore à leur meilleur niveau en août 1914 lorsque débute le conflit.

Après la bataille de la Marne, le Grand Quartier général, sur ordre du général Joffre crée le 2e bureau du service de renseignement (SR) qui existe en parallèle avec le 2e bureau de l’EMA (état-major des armées). Le 5e bureau sera créé plus tard et viendra renforcé le 2e bureau.

Bureau n°5

Plusieurs centres de renseignements fonctionnent pour la France.

  • Paris, pour l’espionnage et le contre-espionnage ;

  • Folkestone, pour le recrutement d’espions du nord de la France et des passagers sur les navires ;

  • Belfort, pour la surveillance et le recrutement d’espions parmi les réfugiés alsaciens et la population cosmopolite implantée à Genève

  • Flessingue et Maastricht (Pays-Bas) sous la direction du général Boulabeille.

Plusieurs hommes dirigent ces centres de renseignements.

  • Le Colonel Dupont, chef du 2e bureau ;

  • Le Capitaine puis Commandant Ladoux, chef du 5e bureau jusqu'en 1917 ;

  • Le Commandant Ladoux, chef du 2e bureau dès le 9 février 1917 ;

    Il est chargé de recruter les espions et les espionnes, de surveiller les agents doubles et de croiser les informations avant de les faire remonter dans la hiérarchie. 

    La collaboration avec les services britanniques qui recrutent des femmes dans tous leurs bureaux, amène le commandement Ladoux à prendre davantage en considération les espionnes dont le nombre augmente dès 1917. L’importance de leurs renseignements sur les déplacements des troupes ennemies, par route, rail ou air, leurs rencontres avec des officiers allemands, les informations fournies grâce à leur rôle auprès des blessés, des prisonniers, des déserteurs, se révèlent de plus en plus utiles.

 

 

Le renseignement belge

Le royaume de Belgique, pays neutre, est en pleine restauration de son armée à la veille de la guerre.
Elle ne dispose pas encore de véritable bureau de renseignements. Malgré cela, le Royaume de Belgique fournira pas moins de 6 000 à 7 000 espions aux alliés durant les 4 années de conflit.

Les Pays-Bas, pays neutre, tout en gardant des relations économiques et diplomatiques avec l’Allemagne, ne peuvent refuser la présence de deux bases importantes pour l’espionnage en Belgique. L'un est situé à Flessingue et l'autre à Maastricht. Ces bases favorisent le commerce avec les alliés.

En septembre 1915, Rotterdam devient un nouveau centre de renseignement, en raison de l’installation par les Allemands d’une barrière électrifiée entre la Belgique et les Pays-Bas, rendant le passage de frontière plus difficile.

Les renseignements allemands

 

 

Les limites du renseignement

Le renseignement technique s’impose dans la conduite de la guerre comme un auxiliaire stratégique. Mais cela est parfois au détriment du renseignement humain, négligé par le haut commandement.

Une fois le conflit terminé, aucune école de renseignement ne voit le jour. L’expérience acquise en matière de chiffrage et déchiffrage des communications est peu conservée en 1918. En 1939, on redémarre de zéro.

La coopération interalliées prend fin en 1920. Et la plupart des agents du renseignement sont renvoyés dans leurs foyers.

 

 

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